· 

confiance

C'est alors qu'apparut le renard:

- Bonjour, dit le renard.

- Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien.

- Je suis là, dit la voix, sous le pommier.

- Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli...

- Je suis un renard, dit le renard.

- Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste...

- Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé.

- Ah! pardon, fit le petit prince.

Mais, après réflexion, il ajouta:

- Qu'est-ce que signifie "apprivoiser" ?

- Tu n'es pas d'ici, dit le renard, que cherches-tu ?

- Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu'est-ce que signifie "apprivoiser" ?

- Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C'est bien gênant ! Ils élèvent aussi des poules. C'est leur seul intérêt. Tu cherches des poules ?

- Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu'est-ce que signifie "apprivoiser" ?

- C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie "créer des liens..."

- Créer des liens ?

- Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...

- Je commence à comprendre, dit le petit prince. Il y a une fleur... je crois qu'elle m'a apprivoisé...

gagner la confiance, apprivoiser
Le Petit Prince, Saint-Exupéry, chapitre XXI


gagner la confiance de l'autre, l'apprivoiser

La confiance peut-être entendue comme « un état psychologique se caractérisant par l'intention d'accepter la vulnérabilité sur la base de croyances optimistes sur les intentions (ou le comportement) d'autrui ». La confiance renvoie à l’idée que l’on peut se fier à quelqu'un ou à quelque chose. Dans l’étymologie latine, le verbe confier (du latin confidere : cum, « avec » et fidere « fier ») signifie qu’on remet quelque chose de précieux à quelqu'un, en se fiant à lui et en s’abandonnant ainsi à sa bienveillance et à sa bonne foi.

Dans ma pratique de sophrologue je propose de considérer la confiance comme un curseur qui monte ou descend le long d'une échelle dont la longueur semble infinie... Chaque expérience faisant progresser la confiance dans un sens ou dans l'autre.

Cette notion est particulièrement intéressante à explorer avec les enfants, les adolescents, leurs parents. En effet, la confiance n'est pas dépendante de l'amour qu'on porte à quelqu'un, elle se gagne à force d'expériences, elle est liée à la notion de "responsabilité" et s'apprend progressivement. Dans cette progression chaque "échec" est exploitable. Une acquisition complète de la notion, sa maîtrise, permet une entrée solide dans l'âge adulte.

Écrire commentaire

Commentaires: 0